Commémorer le Centenaire dans la Somme

 
 
Commémorer le Centenaire dans la Somme

À l’occasion de la commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918, l’État et le Conseil général de la Somme ont présenté la nature et le calendrier des premières commémorations officielles qui jalonneront, pendant quatre ans, le Centenaire de la Première Guerre mondiale dans le département.

Joël Dubreuil, sous-préfet de Péronne, en charge du Centenaire dans la Somme a représenté le préfet de la région Picardie, préfet de la Somme aux côtés du président Conseil général pour la présentation, à l’Historial de Péronne, le 8 novembre dernier, des 27 projets retenus par le comité départemental du Centenaire et labellisés dans la Somme.

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Sommaire de la brochure :
1. L’histoire de la Grande Guerre dans la Somme
2. Commémorer dans la Somme
3. Les projets retenus dans la Somme

ConfPressePrezGG081113

Conférence de presse de présentation des commémorations à l’Historial de Péronne

L’Etat, les collectivités locales et les associations mobilisées pour cet événement majeur

De 2014 à 2018, le monde entier commémorera le centenaire de la Première Guerre mondiale. Cette commémoration constituera un événement majeur pour la France, et en particulier pour la Somme.

Dans ce département fortement marqué par de terribles combats, la mémoire de la Grande Guerre, sans doute plus qu’ailleurs, a façonné les paysages et l’identité des territoires, et imprègne encore aujourd’hui les femmes et les hommes qui y vivent.

Nombre de communes du département ont été détruites en grande partie, en totalité pour certaines. Seul le retour des habitants sur ce qui était un champ de ruines a permis d’enclencher la reconstruction. Les sites de mémoire présents dans la Somme témoignent de la violence des combats. On dénombre dans le département 410 cimetières des nations du Commonwealth, 22 nécropoles françaises, 14 cimetières allemands.

La deuxième bataille de la Somme, qui a débuté le 1er juillet 1916 pour se terminer mi-novembre de la même année, a engendré des pertes considérables. Mais elle a permis aux français de tenir à Verdun, et prit ainsi une importance décisive dans la suite de ce conflit.

La commémoration de la Grande Guerre revêt donc une importance particulière dans le département de la Somme où le tourisme de mémoire, qui est une réalité quotidienne, représente également un enjeu économique fort.

L’État, les collectivités territoriales et les structures associatives seront à la hauteur de l’événement. L’image qui sera renvoyée aux visiteurs étrangers, qui ne manqueront pas d’affluer en grand nombre sur notre territoire, en dépend.

Une mémoire combattante sans témoin vivant

Une spécificité marque cependant le cycle mémoriel à venir : pour la première fois, la politique de la mémoire combattante doit vivre sans témoin.

Avec le décès de Lazare Ponticelli, en 2008, le dernier poilu nous a en effet quitté, plaçant la vie mémorielle face à une réalité démographique implacable. Le cycle commémoratif s’en trouvera sans doute profondément influencé, mais certainement pas affaibli. L’État et les collectivités territoriales ont redoublé d’imagination et de créativité pour donner à cet événement l’importance commémorative qu’il mérite, et amortir le « choc mémoriel » de la disparition des combattants de la Grande Guerre.

La mémoire patrimoniale sera placée au premier plan. Les innombrables sites de champs de bataille, de places fortes, de lieux de garnison, mais aussi les monuments aux morts dans les villes, les villages et les hameaux, succèdent aujourd’hui aux anciens combattants, et témoignent en leur nom. La sauvegarde et la mise en valeur de cette « mémoire de la pierre » est fondamentale à ce titre. Les collectivités locales et les États ayant participé à cette guerre jouent un rôle actif dans la préservation de ce patrimoine commun.

La mémoire des ancêtres sera également à l’honneur. Cette guerre est profondément ancrée dans la mémoire collective. L’écrasante majorité des français a eu un ancêtre mobilisé durant cette guerre. Renouer avec les histoires vécues dans les familles est une étape incontournable de ce centenaire. Il est

temps d’accorder plus de place à la mémoire des enfants et petits-enfants. Les familles trouveront donc dans ce cycle commémoratif une occasion de choix pour aborder la question de la transmission.

Une place particulière sera en outre faite à la mémoire de la paix. Le travail de mémoire n’escamotera pas les souffrances endurées par les soldats et les populations, mais se placera aussi résolument sous l’angle de la réconciliation entre les ennemis d’hier. A cet égard, les commémorations de 1962 à Reims et de 1984 à Verdun ont été essentielles à la réconciliation franco-allemande. Le renforcement de cette relation privilégiée trouvera un nouveau moment de régénération dans le cycle mémoriel du centenaire.

Enfin, le dernier enjeu de ces commémorations sera de consacrer la dimension culturelle de la mémoire. Les conférences historiques, les publications, les films ou les pièces de théâtre sont les outils par excellence de la transmission dès lors que les témoins ont disparu. Ces outils culturels seront à ce titre pleinement exploités, en particulier dans la somme.

La commémoration sans témoin des évènements passés fera donc de ce cycle une « saison mémorielle » où le renouvellement des messages et des images, constituera une préoccupation constante. Un tel défi historique et commémoratif a déjà été relevé par  l’État il y a vingt-quatre ans, lors des célébrations du bicentenaire de la Révolution de 1789.

La commémoration de la guerre 1914-1918 sera donc une occasion supplémentaire d’innover et de rassembler les français autour de leur histoire partagée.